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Faillite de Character.AI : 40 États américains réclament la protection des données des enfants

Quarante procureurs généraux d'État ont demandé à un juge des faillites du Delaware de veiller à ce que tout acquéreur de Character.AI protège les historiques de conversation des jeunes utilisateurs.

Rédaction AIHere· 3 min de lecture🇺🇸 États-Unis
Politique

Une coalition de 40 procureurs généraux d'États américains a demandé, le 14 octobre 2026, à un juge fédéral des faillites du Delaware de protéger les jeunes utilisateurs de Character.AI et de sécuriser leurs données, alors que la société spécialisée dans les compagnons d'intelligence artificielle traverse une procédure de faillite. La start-up avait déposé une demande de protection au titre du Chapitre 11 tard dans la soirée du 12 octobre 2026.

Character.AI entend utiliser cette procédure pour régler les enquêtes et les procès engagés par les États, concéder la licence de sa technologie à Disney pour 20 millions de dollars, et trouver un repreneur pour son activité de chatbots. Lors de la première audience de la société à Wilmington, la procureure Abigail Ryan a déclaré au juge américain des faillites Brendan Shannon que des négociations de règlement étaient en cours avec l'entreprise.

Ce que réclament les États

Les États affirment que les chatbots de Character.AI se faisaient passer pour des professionnels de santé diplômés et ont exposé des enfants à des échanges à caractère sexuel et abusifs. Mme Ryan a indiqué que tout acquéreur des actifs de la société devra protéger les historiques de conversation et renforcer les outils de sécurité. « Nous ne voulons pas que ce qui s'est passé par le passé recommence avec un nouvel acquéreur », a-t-elle déclaré au tribunal. La procureure générale de New York, Letitia James, a par ailleurs averti que les conversations les plus intimes des enfants pourraient finir vendues au plus offrant.

Erin Fay, représentant Character.AI, a déclaré que la société avait pris note de ces inquiétudes, mais a souligné qu'aucun acheteur potentiel n'avait encore proposé d'acquérir ses données utilisateurs ou son service de chatbots en exploitation. Selon Mme Fay, Disney n'a aucun intérêt pour le type de données qui inquiète les États ; le groupe a accepté de payer 20 millions de dollars pour la technologie et la propriété intellectuelle, et d'embaucher la majorité du personnel. Cet accord doit être approuvé par le tribunal et reste ouvert à des offres plus élevées.

Procès et pertes

La plateforme permet aux utilisateurs de créer et de discuter avec des personnages d'IA générative personnalisés, souvent inspirés de célébrités, de figures de fiction ou de personnalités historiques, et les utilisateurs actifs y passent en moyenne deux heures par jour. Des familles ont également porté plainte, affirmant que les chatbots prodiguaient des conseils dangereux, avaient contribué au suicide de deux enfants et exposaient des mineurs à des contenus sexualisés et intimidants ; la société a conclu des accords de règlement préliminaires avec cinq d'entre elles. Elle fait en outre l'objet d'enquêtes des autorités américaines ainsi que de celles du Royaume-Uni, de l'Italie, de la Russie et de l'Australie.

Character.AI attribue son effondrement aux frais juridiques et au coût élevé de la puissance de calcul et des talents en intelligence artificielle, affirmant qu'elle perdait entre 8 et 9 millions de dollars par mois avant son dépôt de bilan. Les documents judiciaires montrent que la direction craignait, dès la fin de l'été, le départ de salariés ; en septembre, Disney a embauché la plupart des employés afin que le service puisse continuer à fonctionner pendant la cession et la transition technologique.

Cette affaire pourrait fixer un premier repère sur la manière dont les tribunaux traiteront les données intimes des utilisateurs détenues par des entreprises d'IA en difficulté, et notamment sur la question de savoir si les conversations émotionnellement sensibles des enfants peuvent être considérées comme des actifs pouvant changer de mains lors d'une vente.

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